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 Penny Weiss

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Hiroyuki Daisuke
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Messages : 69
Date d'inscription : 23/03/2017
MessageSujet: Penny Weiss   Jeu 1 Fév - 17:23

─ Nationalité: Française
─ Age: Officiellement, 20 ans. Officieusement, presque 400 ans.
─ Maison ou Groupe: Serdaigle
─ Année d'étude / Matière enseignée: 10ème année
─ Sang: Inconnu, elle est orpheline
─ Mon avis sur tout ce qu'il s'est passé: (Quelques lignes)
─ J'avoue ce truc me fiche une peur bleue : La mort, ce qui est assez ironique alors que tu as vécu bien plus que la majorité des gens. Or, alors que l'éternité s'offre à toi, tu es décidé à ne pas laisser quiconque te voler cette vie éternelle.
─ C'est lui qui me protège en cas de besoin : Chauve-souris. As-tu réellement besoin d'expliquer pourquoi ?

─ Caractère : Franche • Joueuse • Taquine • Profite de la vie • Insouciante • Égoïste • Hypocrite • Excellente menteuse • Sentiment de supériorité • Vaniteuse • Narcissique • Confiante • Réaliste • Terre-à-Terre • Sans pitié • Sympathique • Possède un bon sens de l'humour • Spontanée • Impulsive • Énigmatique

─ Suis-je exceptionnel(le) pour autant: Vampire.

─ Que serai un véritable sorcier sans elle: Bois de pin, coeur d'oiseau-tonnerre, 29.6cm. Tu l'as obtenu il y a de cela un peu plus de deux cent ans et elle ne t'a jamais quitté depuis.
─ Ça agace les autres, mais j'aime le faire* : Il t'arrive de ne plus du tout te concentrer sur la discussion lorsque tu sens la soif montée en toi alors que tu entends une veine pulser non loin de toi.

Ce qu'il faut absolument savoir sur moi !

Tu es une personne aux multiples facettes, qui ont évolué et changé au cours de tes siècles d’existence. Si tu avais été, à une certaine époque, une femme douce et agréable, dévouée de surcroît, la réalité de ce terrible monde t’a rendu un peu plus amère, et, surtout, beaucoup moins naïve. Tu ne te berces plus d’illusion quant à cette vie que tu mènes, préférant donc en profiter tant et aussi longtemps que tu le peux. Il s’agit-là d’un trait très présent chez toi. Tu as besoin de t’amuser, de te divertir, et ce, constamment. Après tout, autre cela, ces derniers siècles t’auraient sembler bien ennuyeux.

Tu es aussi bercée d’une certaine insouciance, et pourtant, tu serais bien la dernière à se faire prendre au jeu d’une quelconque personne. Disons seulement que tu n’as peur de rien alors que tu te sais plus forte, plus agile et surtout, plus expérimentée que tous ceux que tu rencontres. Il t’est impossible de concevoir que quiconque de ces humains puissent atteindre à ta vie, à ton éternité, ce qu’il y a de plus précieux pour toi. Tu vis donc au jour le jour, agissant comme bon te semble, sans spécialement te soucier des conséquences que cela peut engendrer. Tu te sens au-dessus de tout depuis des années, notamment au-dessus de ce temps qui semble si précieux aux humains et qui t’est terriblement futile. Tu les vois compter les secondes alors que tu comptes les mois.

Par conséquent, tu es souvent en retard. Le temps n’étant plus qu’un concept abstrait n’ayant plus aucune emprise sur toi, tu ne t’importunes pas de chose comme la ponctualité. Tu as autre chose à faire qu’être à l’heure, et bien, rien ne presse. Tu as l’éternité devant toi et c’est tout ce qui importe. Que ce soit le cas, ou non, de celle qui t’attendra bien malheureusement, cela ne t’importe que très peu. Profondément égoïste, tu penses à toi avant tout, à ta propre survie et à ton propre plaisir. S’il est vrai que ta famille occupe aussi une place importante dans ton coeur, si tu devais tous les tuer pour assurer de survivre, tu le ferais sans hésiter. Tu avais l’éternité pour t’en créer une nouvelle, si telle fatalité devait vous frapper.

Tu ne penses que très rarement aux autres, pour ne pas dire jamais. Ils sont là, ils existent et si tu apprécies leur compagnie, tu n’es pas là à essayer de trouver ce qui leur plait ou ce qui leur fait plaisir. Toi qui as une espérance de vie bien supérieure, tu préfères éviter de trop t’attacher aux humains, sans quoi tu es certaine d’en souffrir. Ils sont si fragiles, si petits dans ce vaste univers et, pour t’être attachée trop souvent à ces derniers, tu sais que tu préfères garder une certaine distance. La mort est un concept que tu ignores la majorité du temps mais qui vient frapper ceux qui furent autrefois des amis. Tu peux donc sembler froide aux premiers abords, mais il s’agit-là d’un moyen de te défendre et de te protéger contre ces sentiments très humains qui t’habitent malheureusement encore.

Et puis, tu n’es pas foncièrement mauvaise, loin de là. Tu aimes seulement t’amuser, que cela embête quelqu’un ou non. Tu es toutefois assez sociale, n’ayant pas peur de parler aux autres et devant ces derniers. Tu es aussi sympathique, dans une certaine mesure, dotée d’un bon sens de l’humour quoique parfois particulier. Il t’arrive d’avoir des expressions qui te viennent d’une toute autre époque, ce qui amène quelques questions chez tes interlocuteurs. Tu ne fais que les balayer en mentionnant que les livres histoires, c’est ta passion. Et puis, tu n’as pas tant besoin de mentir à ce sujet, car l’histoire, tu l’as vécu, et peut-être même en as-tu écrite une partie toi-même.
Mentir est une seconde nature chez toi alors que tu as enchaîné les différentes identités au fil des années. Tu es douée dans le domaine et il ne t’arrive que très rarement, pour ne pas dire jamais, de t’emmêler dans ces derniers. Tes histoires se tiennent car elles ont des années de préparation derrière. C’est ce qui t’a permis, surtout, de garder ton secret jusqu’à ce jour.
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Hiroyuki Daisuke
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MessageSujet: Re: Penny Weiss   Jeu 1 Fév - 17:24

─ Résumé de votre histoire : Tu es née en France, en 1646 • Étant orpheline, tu vis la majorité de ton enfance dans la rue, jusqu'à être retrouvée par un couvent, devenant ainsi presque leur esclave en l'échange d'un toit. • Tu es envoyée en Nouvelle-France, en Amérique, comme Fille du Roi en 1663, où tu y épouseras un bûcheron. • L'année suivante, votre village est attaqué et tu es la seule survivante. Ce terrible événement marquera le début de ta vie comme vampire. • Ta transformation fut longue et douloureuse auprès d'un clan incertain de te vouloir à leur côté. Si celui t'ayant transformé souhaitait te garder à ses côtés, tu es forcé à les quitter en 1743 alors qu'ils découvrent que tu es une sorcière. Tu passeras les cinq décennies suivantes à chasser les enfants, avide de leur sang, avant d'avoir une horrible prise de conscience qui t'amène à prendre un bateau jusqu'en Europe. • En Angleterre, en 1801, tu rencontres Charles, qui t'apprendra tout de l'univers des sorciers, ce que tu es réellement. Il sera transformé neuf ans plus tard et est toujours à tes côtés aujourd'hui. C'est avec lui que tu as sut devenir la sorcière puissante que tu es. • Tu as passé tout le vingt-et-unième siècle à t'amuser et vivre dans l'excès et la débauche. C'est là aussi que tu transformes les derniers vampires qui feront désormais parti de ta grande famille, composée d'un père, d'une mère, d'un frère, d'une soeur, de deux cousines, d'un cousin et d'un oncle. • Tu décides, suite à un défi à la con de ton pseudo-frère, de rejoindre Poudlard, pour lui montrer une bonne fois pour toute que tu es en mesure de vivre parmi les humains.

─ Son histoire :
Paris, 1652

Tu n’es pas bien vieille, six ou sept ans tout au plus. Ton souffle se fait court alors que tu essaies d’accélérer le pas. Ta petite silhouette se faufile au travers passants et mendiants alors que tu tenais solidement entre tes doigts une miche de pain. Derrière toi, des bruits de pas se font entendre alors que leurs grosses bottes frappent les petites flaques d’eau qui vous entourent. Tu tentes de les semer, de disparaître au détour d’une ruelle. Tu t’enfonces dans celle-ci sans regarder derrière toi, avec comme seul objectif de fuir le plus loin possible. Ce n’est cependant pas ton jour de chance. Une main se saisit de ta chevelure souillée, t’arrachant une exclamation douloureuse alors que la miche de pain que tu tenais si précieusement s’échappe de tes petites mains, roulant sur le sol pour finir sa route dans l’eau. Les larmes te montent aux yeux, tant par la douleur vive qui provient de ton cuir chevelue que par la déception de voir ainsi ton trophé s’échapper.

- Tu sais ce qu’on fait des voleuses dans ton genre ? On leur coupe la main.

Tu hurles, tu te débats, tentant de te soustraire de la poigne de l’homme. Tu n’y peux cependant pas grand chose alors qu’il tire à nouveau, te faisant perdre l’équilibre, s’esclaffant alors que tu tombes contre le sol froid de la grande ville. Tu entends ses pas s'éloigner alors qu’il se permet d’écraser de sa botte sale ce qui aurait constitué ton maigre repas des prochains jours. Tu appuies sur tes bras pour t’aider à te relever. Ton ventre se tord alors que la faim se fait poignante. À quand remontait ton dernier repas ? Tu ne saurais le dire. Seule dans cette ruelle, tu sens les larmes roulées sur tes joues. Tu t’avances ensuite jusqu’à la miche de pain, se voulant désormais réduite en bouillie. Tu réussis tout de même à en ramasser un peu. Rien de bien appétissant mais définitivement mieux que rien. Tu ignorais quand tu pourrais à nouveau mettre la main sur de la nourriture, tu devais donc te contenter de ce que tu avais.

Paris, 1654

Fixant le sol à tes pieds, tes joues sont rougies par la honte. Devant toi se trouve une femme d’une cinquantaine d’années ton aînée qui te réprimande depuis une dizaine de minutes déjà. Ayant tentée de te dépêcher à amener les draps propres aux autres soeurs du couvent, tu avais fait tomber l’un des crucifix qui ornaient les murs de l’endroit, ce dernier s’étant écrasé au sol pour se briser en plusieurs morceaux. Cela faisait un an que tu vivais au couvent. Ou, plutôt, que tu agissais comme esclave pour la maison de Dieu. Tu avais été retrouvée par un prêcheur une journée d’hiver alors que tu étais à moitié inconsciente, recroquevillée sur toi-même, appuyée contre un mur en cherchant à te soustraire du vent froid de décembre. Tu étais faible, ton ventre criait famine et tu voyais la lumière devenir de plus en plus faible devant tes yeux. Cette année-là, tu avais cru y rester. Les journées se faisant de plus en plus froides, l’idée de ne pas passer l’hiver s’était imposée à toi comme une évidence. Or, cet homme, frère André qu’il avait dit, t’avais ramené avec lui, sous-entendant qu’aucun enfant de Dieu ne méritait un sort pareil.

Dieu. Ce nom te semblait toujours aussi absurde. Il t’avait été présenté comme étant le Tout Puissant, celui veillant sur vous tous, simples humains. Par désir de survie, tu n’avais passé aucun commentaire, ne faisant qu’accepter sa présence pour ainsi avoir le droit à un peu de chaleur et de nourriture. La réalité était que tu ne comprenais pas réellement ce que ça impliquait. Jeune orpheline que tu étais ayant passée les premières années de ta vie dans la misère, tu peinais à croire que cet être Tout Puissant puisse veiller sur vous. Abandonnée à la naissance, tu avais vécu quelques années dans un orphelinat, qui fut victime des flammes lors de tes six ans. Forcée à la vie de rue, tu avais passé les années suivantes à survivre comme tu le pouvais, n’ayant d’autres choix que de voler pour te sustenter et squatter des endroits peu recommandables et très peu salubres lorsque l’extérieur devenait trop froid pour t'accueillir. Et maintenant, on t’annonçait que tout cela était la volonté de Dieu ?

Si tel était le cas, tu étais convaincue de t’en porter bien mieux sans lui. Peut-être que si sa “volonté divine” n’avait pas frapper ton orphelinat, les choses auraient été bien différentes. Mieux encore. Peut-être que si toi, miracle de la vie, était venue au sein d’une autre famille, ton sort aurait été moins misérable.

Paris, 1655

Les gens marmonnent dans ton dos. Tu les entends, quand bien même essaient-ils d’être discrets. Quelques jours plus tôt, quelque chose d’étrange s’est produit au couvent. Ou plutôt, dans la cuisine, alors que tu t’occupais de faire la vaisselle. Manquant de faire tomber une assiette et craignant de la briser, tu as tenté de la rattraper en vain. Or, l’instant de quelques secondes, elle a semblé flotter dans les airs avant de retomber doucement. Tu les entends alors murmurer dans ton dos. Sorcière. Fille du diable. Tu tentes de te soustraire de ces regards qui t’accusent, tout comme tu tentes d’ignorer les nombreuses fois où tu t’es retrouvée d’eau bénite. Un accident qu’ils disaient. Oh, toi tu le savais très bien. Elles voulaient s’assurer qu’elles n'abritaient pas l'antéchrist. Tu redoublas alors d’effort, t’assurant de faire ta prière tous les matins et tous les soirs. Tu cherchais à effacer tout soupçon sur ta personne, de leur prouver que tu étais bel et bien une fille (et servante) de Dieu.

Trois accidents du genre se reproduisirent par la suite, cette fois-ci alors que tu étais seule, bien heureusement. La porte de la cuisine s’était refermée seule, sans que tu ne la touches, alors que tu souhaitais être seule quelques instants. Tu accusas le vent, qui était absent, plutôt qu’une force surnaturelle quelconque. Mais alors, qu’en était-il de cette bourrasque de vent, qui était arrivé de nul ne savait où, renversant par le fait même la calice sur le père récitant la messe, menant abruptement à sa fin. Il était évident que tu t’ennuyais et, à quelque part, tu savais que c’était de ta faute. Tu tentas alors d’arrêter de souhaiter des choses, n’importe quoi, craignant de finir sur un bûcher pour des choses que tu ne comprenais même pas toi-même. Au final, personne ne devina jamais, au fil des années suivantes, que tu étais la responsable de ces événements particuliers et isolés.

Tu en avais vu quelques uns, de ces gens qui se disaient différents et qui semblaient capables de prouesses inimaginables. Ils avaient été persécuté, humilié, puis tué pour profanation. Il t’était tout simplement hors de question de finir ainsi.

Quelque part sur l’Atlantique, 1663

Cela faisait déjà trois femmes qui décèdaient depuis que vous aviez quitté la France. Tu ignorais encore comment tu étais arrivée sur ce bâteau en premier lieu. Tu avais passé tes dernières années au sein du couvent où tu avais travaillé pour mériter ta paillasse et un peu de nourriture. Ta situation aurait pu être pire et tu t’y étais donc fait. Et puis, un beau jour, alors que tu frôlais la vingtaine d’années, un homme t’annonça que tu allais entreprendre un grand voyage qui allait changer ta vie. Plusieurs autres jeunes femmes comme toi furent choisies parmis divers couvents pour traverser l’océan et se rendre en Nouvelle-France, où leur nouvelle vie les attendait. Beaucoup d’hommes avaient été envoyés au sein de la colonie française et, dans l’idée de les faire rester, des femmes étaient aussi envoyés pour fonder des familles. Et tu étais parmi celles-ci.

Le voyage fut long, affreusement long. Plusieurs mois, même, où quelques femmes périrent, pour de nombreuses raisons. Elles furent simplement jetées par-dessus bord, pour ainsi éviter qu’elles pourrissent et infectent le reste des femmes avec tu ne savais trop quoi. Et puis, finalement, tu avais remis pied sur la terre ferme, avec seulement une robe qui t’avait été offerte et un trousseau, celui que devait nécessairement avoir une femme à marier. Tu eus aussi droit à un coffre qui comprenait divers outils qui devaient faire de toi l’épouse parfaite pour prendre soin de la famille à venir. À peine arrivée que tu t’étais retrouvée mariée à un parfait inconnu, un bûcheron, qui avait accepté de s’installer en cette colonie suite à la promesse d’une belle jeune demoiselle à marier. Son voeux avait été exaucé et, rapidement, tu te retrouvais à vivre avec lui, dans une petite maison au sein d’un petit village.

Nouvelle-France, 1664

Cela faisait un an que tu étais marié au bûcheron et vous n’aviez toujours pas d’enfant. Bien évidemment, cela posait problème, alors que le père du village se faisait un devoir de vous rappeler qu’il vous fallait procréer, et vite. Si tu étais encore jeune, n’ayant pas tout à fait vingt ans, tu te faisais déjà vieille pour avoir ton premier enfant. Et ce n’était pas faute d’essayer. Femme exemplaire que tu étais, tu t’assurais de garder la maison impeccable et cuisinait toujours de bons petits repas pour ton mari. Puis, une fois les lumières fermées, tu exerçais ton devoir conjugal, en silence, car le plaisir t’était interdit. Après tout, tu n’étais qu’une femme. Sans parler d’amour, cet homme, Thomas, qui partageait ta vie, tu avais fini par l’apprécier. Apprenant à le connaître au fil des semaines, tu t’étais surprise à t’y plaire, à cette vie bien rangée de femme mariée.

Puis, une tragédie frappa votre village. Des cris te réveillèrent au milieu de la nuit alors que ce fut avec horreur que tes yeux s’ouvrirent sur des flammes dansant devant ton regard. Sortant précipitamment de ton lit, tu réveillas ton mari, lui intimant de partir. Il vous fallait fuir, et vite. Tu entendis la porte de ta petite maison se faire défoncer alors que trois hommes faisaient leur entrés. Si tu n’en avais jamais vu de tes propres yeux, tu identifias ces derniers comme étant des autochtones, ces sauvages qui vivaient de l’autre côté de la rivière. Combien de fois avais-tu entendu que tu ne devais pas franchir cette rivière, sans quoi tu n’en reviendrais sûrement pas ? Trop souvent. Et aujourd’hui, tu comprenais peut-être pourquoi. Tu étais terrifiée, et ce, tant par ces flammes qui léchaient les murs de ta maison que par eux, leurs rictus malveillant, mais pire encore, ce regard d’un rouge perçant. Tu n’avais jamais vu des prunelles pareilles, aussi ardentes.

Tu n’eus pas le temps de réagir. Tu avais bien trop peur pour réagir. Un cri s’échappa de ta gorge sans même que tu ne le remarques alors qu’ils assassinèrent de sang froid ton mari. Tu avais envie de pleurer mais rien ne vint. Tu revins sur terre pour faire face à la réalité que lorsqu’une main se saisit de ton bras. Animée d’une force de caractère t’étant encore inconnue, tu tentas de te soustraire de son emprise, comme tu l’avais fait bien des années plus tard. Il te rapprocha de lui. Incapable de te libérer, forcée à te rapprocher de lui, tu plantas tes dents dans son épaule, sentant sa peau céder sous ta morsure et son sang glissé sur ta peau et dans ta gorge. Le goût amer t’arracha une grimace mais tu ne lâchas pas prise. Tu ne voulais pas mourir aujourd’hui et si tel était le cas, tu ne le ferais pas sans te battre. Tu avais survécu toutes ces années et ce n’était pas pour abandonner maintenant.

Une exclamation douloureuse franchit tes lèvres alors que tu le sentis te faire subire le même traitement que tu lui infligeais, la différence étant que ses canines se voulaient bien plus longues. Bien plus douloureuses. Tu le relâchas, recommençant à te débattre, alors que, rapidement, tes paupières devinrent lourdes. Tu tombas lourdement au sol, au beau milieu de ta petite maison en flamme. Tu fus laissée pour morte, comme ton mari, alors que les hommes quittèrent l’endroit, non sans avoir dérober tout ce qui pouvait avoir de la valeur. Avec l’énergie du désespoir, ou tout simplement l’adrénaline, tu te traînas hors de la maison pour te diriger le plus loin possible du village. Tu sentais tes forces te quitter mais tu n’avais pas le choix. Tu devais survivre. Il t’était impératif de survivre. Ce ne fut qu’une fois enfoncée dans la forêt qui bordait le village où tu avais élu domicile que tu te laissas glisser contre un arbre. Tu avais perdu du sang, plus que tu ne l’aurais cru, dans un processus qui t’était complètement inconnu et qui te semblait particulièrement barbare. Tu n’eus pas la chance te t’attarder plus longuement sur la question que tes paupières se fermèrent et que tu sombras dans l’inconscience.

Ce fut une douleur vive qui te réveilla le lendemain matin. Le soleil perçant au travers les arbres vint se poser sur ta peau et chacun des rayons te donnait l’impression que tu allais t’enflammer vive. Encore engourdie, tu fis ton possible pour t’y soustraire, te cachant davantage auprès d’un arbre, à l’ombre grâce à son large tronc et ses nombreuses branches. Tes yeux se posèrent sur ta peau alors que tu remarquais qu’il y avait effectivement des traces de brûlures. Tu mis cela sur le feu qui avait décidé ta maison et… L’horreur de la veille te frappa. Ton village. Ta maison. Ton mari. Tout avait flambé. Tu avais envie de pleurer. Tu avais envie de pleurer tout ce que tu venais de perdre, tout ce que tu avais toujours connu. Tu n’en fis cependant rien.

La journée se passa ainsi sans que tu n’oses bouger. Le peu de fois où tu t’étais retrouvée sous les rayons du soleil te forcèrent à rester ainsi, recroquevillée sur toi-même, jusqu’à ce que le soleil se couche pour laisser place à la lune. Te redressant, tu poussas quelques gémissements douloureux. Tu marchas lentement jusqu’à ce qui restait de ton village. Une épaisse fumée le recouvrait entièrement alors que les flammes avaient cessées, bien qu’il y avait encore nombreux brasiers ici et là. Tu avais encore envie de pleurer. Cependant, une violente envie de vomir t’en empêcha alors que tu rendis le peu que contenait encore ton estomac. S’en suivi d’un mal de tête sévère qui te força à tomber à genou. Tu te pris la tête entre tes mains, comme si cela allait aider à calmer la douleur qui irradiait jusque dans ta nuque et ton dos.

Il te fallut quelques minutes et de profondes respirations avant que la douleur se calme. Tu avais mal, sans ne savoir exactement où. Ton corps tout entier était douloureux et chaque pas encore plus difficile que le dernier. Tu entras finalement dans une maison qui était à moitié détruite mais qui semblait se tenir. Sur le sol était allongé une petite famille, un homme, sa femme et leur nouveau-né. Un nouveau haut-le-coeur te pris à cette vision et tu te retrouvas à nouveau à vomir, et ce, quand bien même n’avais-tu rien à rendre. Tu fis ton possible pour faire abstraction de ces derniers pour te rendre jusqu’à leur cuisine. Tu avais faim. Tu te sentais malade mais tu avais faim. Tu attrapas quelques légumes pour ensuite aller te cacher dans le coin de la salle. Chacun de tes pas étaient douloureux et t’asseoir semblait être la meilleure alternative. À peine avais-tu croquer dans la carotte et l’avais-tu avaler que tu vomis une troisième fois. Manger n’était pas une option pour l’instant.

Les trois jours suivant furent horribles. Seule dans une maison avec trois cadavres, tu étais victimes de douleurs violents et intenses à la tête, sans compter des nombreux hauts-le-coeur qui te secouaient et de la sueur froide qui venait détremper tes vêtements. Tu étais dans l’incapacité de te lever, ou tout simplement dans l’incapacité de réfléchir. La douleur se voulait par moment insoutenable et tu en vins à te demander si mourir ne serait pas une meilleure alternative. Puis elle se calmait et tu prenais ce moment de répit pour respirer. Au bout de la troisième journée, alors que tu étais affamée et déshydratée, une soif insatiable fit son apparition. Tu te relevas, malgré l’épuisement et ton gémissement de douleur. Ton corps tout entier semblait ne plus vouloir répondre aux commandes les plus simples. La nuit était tombée lorsque tu daignas sortir de la maison. Le silence planait autour de toi, si ce n’était que les sabots de chevaux au loin. De l’aide. Quelqu’un venait finalement t’aider. Peut-être que tu n’étais pas la seule survivante du massacre. Peut-être que quelqu’un d’autre avait été dans un village voisin pour demander de l’aide ? Aussi stupide cela pouvait-il te sembler, ne serais-ce que parce qu’il n’y avait plus rien à faire pour le village, tous étant morts, tu y voyais-là une lueur d’espoir. Tu te tiras jusqu’à la route, d’une démarche incertaine, comme si tu apprenais à nouveau à marcher. Tu ne sais pas combien de temps tu marchas ainsi. Les arbres se suivaient et se ressemblaient des deux côtés de la route. Or, tu tombas nez-à-nez avec un petit campement. Deux hommes pour être plus précis, qui semblaient être des marchands.

- Messieurs…

Ta voix ressemblait à un râlement mais ce fut suffisant pour attirer leur attention. L’un d’eux se releva en te voyant, s’approchant rapidement de toi. Tu étais pâle, affreusement pâle, et tes boucles blondes tombaient lourdement le long de ton visage autrefois si fin, désormais creuser par la fatigue et la faim. Mais surtout la soif. Il te posa des questions, beaucoup trop pour que tu puisses t’y concentrer. Ton regard s’était posé sur son bras qui se trouvait orner d’un bandage. Ce n’était pas tant le bandage qui avait attirer ton attention mais l’odeur du sang qui s’en échappait. Tu levas un bras pour t’emparer du sien, ton regard s’allumant d’une flamme qui, jusqu’alors, s’était voulu discrète. Tu entrepris de défaire son bandage jusqu’à ce qu’il ramène son bras vers lui.

- Monsieur, votre bandage était mal fait… Mon mari est bucheron, je pense souvent ses blessures, permettez-moi de vous aider.

Il semblait sceptique. Tu lui expliquas vaguement que tu vivais au village de bûcherons qui se trouvait plus bas, au bout du chemin, isolé entre la rivière et une large forêt. Vous aviez voulu aller vous balader dans les bois et vous vous étiez perdu. Il ne devait pas tarder non plus à arriver, de ce que tu disais et, en l’attendant, tu pouvais l’aider avec son bandage. Il se laissa finalement faire et tu dévoilas une large entaille qui ne s’était toujours pas refermer. Tu avais gardé tes yeux rivés sur le sol, faisant mine d’être honteuse, il n’avait donc pas remarquer tes prunelles qui s’étaient colorées d’un rouge flamboyant. Instinctivement, tu amenas son bras à tes lèvres et y enfonçant tes dents, déchirant la peau déjà abimée par l’entaille et aspirant le sang qui s’en échappait, te délectant du goût que cela avait alors que tu le sentais couler dans ta gorge. Il fut vif à réagir mais tu étais plus forte que lui. Tu le gardas près de toi, t’enivrant de ce liquide chaud et poisseux qui te rassasiait. La douleur que tu ressentais dans tout ton corps depuis les derniers jours semblait même s’être calmée alors que ses plaintes étaient presque une chanson à tes oreilles. Il tomba à genou, attirant finalement l’attention de son collègue, alors que tu ne le lâchais pas, avide de plus. Ce ne fut que lorsque l’autre arriva à ta hauteur que tu le relâchas, venant essuyer ta bouche ensanglantée de ton bras. Ton regard était toujours aussi vif et tu pouvais sentir le coeur du jeune homme battre dans sa gorge. Tu ressentais chacune des pulsations comme une invitation à venir y loger tes dents.

Cette nuit-là, tu assassinas deux hommes en les vidant de leur sang, te délectant de ce breuvage qui te semblait si exquis. L’horreur de tes actes te rattraperait bien assez tôt, cependant, pour le moment, ton instinct te disait de traverser la rivière et de retrouver ceux qui avaient décimés ton village. C’est ce que tu fis. Prenant le cheval des deux marchands, tu galopas en direction inverse, jusqu’à trouver le petit pont qui te permettait de rejoindre l’autre rive.

Il te fallut une heure supplémentaire dans une direction inconnue pour que du son te parvienne enfin. Des voix. Il y avait donc des êtres vivants à proximité et, si tu te fiais où tu te trouvais, tu avais une petite idée de qui étaient-ils. Toujours à cheval, tu t’approchas donc de ce qui se dessina devant toi comme étant un village autochtone. Tous semblaient être sortis, ce que tu trouvais bizarre, alors que la nuit était tombée depuis un moment déjà. Tu attiras rapidement leur attention et trois hommes vinrent dans ta direction alors que tu reconnaissais l’un d’entre eux. Comment aurais-tu pu l’oublier, alors qu’il avait assassiné ton mari devant tes yeux ? Tu te laissas glisser sur le flanc de ton cheval, posant tes pieds contre le sol. Tes vêtements étaient sales et déchirés par endroit, sans compter le sang qui venait recouvrir ton menton, ton cou et le tissu que tu portais. Ils s’arrêtèrent à quelques pas de toi, te détaillant de haut en bas.

- Poussez-vous.

Un homme, un peu plus grand que les autres, bouscula ceux se trouvant devant toi pour s’arrêter à tout au plus d’un mètre de toi. Il t’attrapa par le menton, te rapprochant de lui tout en te dévisageant. Tes prunelles rayonnaient toujours de ce rouge ardent alors que tu sentais à nouveau cette soif gronder en toi. Ce n’était pas d’eau dont tu avais besoin, mais bien du sang. Tu restas donc immobile alors que sa main s’était refermée sur ta mâchoire et qu’il te détaillait de près. Lui aussi, tu le reconnaissais. Il était celui qui t’avait vidé de ton sang, te laissant pour morte sur le plancher de ton ancienne maison. Tu ignorais encore comment tu avais survécu, à lui ou toute cette horreur qui avait frappé ton village. Un souffle s’échappa de ses narines, ce que tu identifias comme étant un rire discret.

- Comme ça, tu as survécu ?
- Qu’est-ce qui m’arrive ?

Nul besoin de répondre à sa question, il t’avait sous les yeux. Non, ce qui t’importait à l’heure actuelle, c’était de comprendre ce qu’il t’arrivait. Comprendre cette douleur qui te traversait le corps et menaçait de te briser de l’intérieure. Comprendre cette soif qui te rabaissait à tes instincts les plus animals.

- Sahale, ne me dis pas que…?
- J’en ai bien peur.
- Nous devons la tuer !
- Une nouveau-née ?! Une sale cul-blanc en plus ça.
- On ne peut pas trimballer une bête sauvage dans l’heure actuelle.

Tu ne comprends pas ce qu’ils disent devant toi, faisant complètement abstraction de ta présence. Ou, enfin, si, tu entends ce qu’ils disent, leurs mots font échos dans tes oreilles mais tu peines à en trouver leur sens. Il relâche ton visage subitement et tu t’effondres au sol, n’ayant pas eut le temps d’ordonner à tes jambes de te tenir debout. Ton corps ne répondait plus comme il le faisait avant, ce dernier étant engourdi et douloureux. Ils s’obstinent, avant qu’une voix ne s’élève au-dessus des autres. Tu l’entends dire qu’il se porte garant pour toi, cet homme qui avait manqué de te tuer quelques jours plus tôt. Sahale, si tu avais bien compris. Il se pencha vers toi, posant une main sur ton front. Tu fermas les yeux, soudainement rassurer par ce contact. Tu apprendrais que bien plus tard que si sa présence te semblait aussi réconfortante, il s’agissait seulement que, techniquement parlant, cet homme était ton géniteur.

Lors de cette soirée qui avait ravagé ton village, tu étais morte dans ces flammes qui s’étaient emparées du ciel. Sahale t’avait cependant permis de renaître de tes flammes, tel un phoenix, alors que l’éternité s’offrait à toi.

Nouvelle-France, 1710

Tu étais assise autour du feu, les jambes remontées vers toi, tes prunelles claires posées sur les flammes. À tes côtés se tenait Sahale, qui avait une main posée sur ton dos, jouant avec la pointe de tes cheveux. Cela faisait presque cinquante ans que tu avais vu ton monde s’enflammer pour ne devenir que poussière et pourtant, il te semblait encore parfois qu’il ne s’agissait que d’hier, ce qui te semblait absurde. Tellement s’était passé depuis cette époque, alors que les dernières années n’avaient pas toujours été difficiles, et pourtant tu y revenais encore, à cette douce jeune femme, épouse d’un bûcheron, qui n’attendait que son cadeau de Dieu, à savoir pouvoir finalement devenir mère et remplir ainsi son devoir. Est-ce que celle que tu étais te manquait ? Peut-être un peu, par moment. Beaucoup moins maintenant que tu avais sut prendre le contrôle sur toi-même. Or, lors de ces nuits que tu avais passé enchaînée, un anneau de fer autour du cou, te débattant comme une damnée alors que tu hurlais à la lune, tu en venais à espérer te réveiller, de ne faire comme si tout cela n’était qu’un mauvais rêve. Tu avais souvent cru que la soif aurait raison de toi, alors que tu les observais festoyer autour de pauvres petits coureurs des bois, le peu qui restaient à essayer de faire carrière ainsi, avaient eut le malheur de traverser vos terres. Alors qu’eux se délectaient de la chaire fraîche et du sang chaud, toi, tu étais attachée, comme un animal, à manquer de t’arracher la tête pour espérer t’échapper de ces liens qui te tenaient prisonnières. Ce n’était que pour t’aider qu’ils disaient. Ils ne pouvaient pas se permettre d’avoir un monstre en liberté qu’ils te répétaient. Un jour, tu saurais contrôler ta soif et peut-être qu’alors, ils pourraient consentir à te retirer ce collier beaucoup trop lourd pour tes frêles épaules.
Ces années avaient été terribles. La faim te rendait agressive et la malnutrition t'affaiblissait, éveillant en toi ces instincts de survies dont tu ignorais tout. Il t’était arrivé, une fois, animée par une force qui t’était encore inconnue, de déraciner l’arbre auquel ils t’avaient attacher pour bondir sur ta proie, un humain quelconque qui avait croisé votre route, comme plusieurs de ses compagnons, tentant de prendre le plus de son sang possible avant que les autres membres du clans t’enfoncent violemment contre le sol, te retenant prisonnière de leur force supérieure. Après tout, si tu avais l’instinct du nouveau-né, eux avaient la force du vampire expérimenté, de ceux qui se nourrissaient régulièrement, ce qui n’était pas ton cas.

Tu avais pleuré, tu avais hurlé, tu avais même supplié qu’on te tue, au cours de ces années. Tu aurais voulu mourir plutôt que de te laisser dévorer par cet instinct qui n’était pas toi et qui t’ordonnait d’assassiner des innocents. Un instant tu avais envie de les vider de leur sang, l’autre tu te laissais aller à des questions de moralité, terrifié de ce que tu devenais. Puis, tu recommençais, ordonnant que l’on te donne à manger alors que tout ton corps était douloureux, te forçant à rester recroquevillé sur toi-même, convaincue que seule la nourriture pourrait aider ton cas. Et lorsque tu reprenais un peu de contrôle sur toi-même, tu les insultais, les traitant de tous les noms, de monstres mêmes, alors que tu te sentais obligée de partager tes états d’âmes. Tes crises s’espaçaient de plus en plus, te donnant ainsi le loisir de te calmer. Avec le temps, tu avais finis par reprendre un certain contrôle sur toi-même, de réfléchir avec ta tête plutôt qu’avec cette flamme qui s’emparait de toi et qui menaçait de te dévorer si tu ne comblais pas ce vide que tu ressentais.

Pendant tout ce temps, Sahale s’était trouvé à tes côtés, prenant soin du nouveau-né que tu étais. Tu avais manqué de le tuer à mainte reprise alors qu’à certains occasions, il s’était retrouvé trop proche de toi lors d’un moment où tu ne répondais plus de rien. Il fut aussi celui à finalement te retirer le lourd collier, te rendant ta liberté alors que l’idée s’était finalement installée en toi. Tu étais un monstre, une sale buveuse de sang, et le pire dans tout cela, c’était que tu aimais ça. Tu étais plus forte que jamais, plus rapide que jamais, et tu avais reçu la beauté et la jeunesse éternelle. Pouvais-tu réellement souhaiter mieux ? Certes, cela venait au profit de la vie d’autrui, cependant, avec le temps, et ces années que tu avais passé assise en tailleur sur le sol, cette chaîne autour du cou, tu en étais venu à ignorer de plus en plus ton humanité, jusqu’à ce que ta conscience se taise à jamais.

Nouvelle-France, 1743

- Que viens-tu de faire ?!

Tous les regards sont posés sur toi alors que tu lèves les mains en signe d’innocence. Derrière toi se trouve un feu naissant que tu avais réussi à allumer sans outil pour le faire. Cela faisait des années, pour ne pas dire un siècle, que tu essayais, de temps à autre, à répéter ces événements qui s’étaient produits lorsque tu n’étais encore qu’une enfant et dont tu étais l’unique coupable, quand bien même l’avais-tu nié. Tu le faisais discrètement, lorsque tu étais seule normalement. À plusieurs reprises, tu avais réussi à amener des objets à toi, tout d’abord très léger, puis quelques pierres. Rien de gigantesque mais somme toute assez impressionnant. Il t’était aussi arrivé à quelques reprises de pouvoir bouger l’eau de la rivière qui longeait votre petit village où votre clan vivait, rien pour créer des vagues violentes, mais assez pour changer la route d’un poisson qui passait par-là. Et cette fois-ci, pour avoir réussir à quelques reprises à créer des flammèches, tu t’étais demandée si tu n’arriverais pas à faire un feu.

La réponse fut, à ta plus grande surprise, positive.

- J’ai parti un feu, comme vous me l’avez demandé.

Sahale vient se placer derrière toi, comme s’il menaçait quiconque d’oser s’en prendre à toi. Tu le voyais bien, la crainte qui venait de s’illuminer dans le regard de ceux que tu considérais presque comme ta famille.

- Une sorcière dans nos rangs, sérieusement ?!

Tu te mordillas la lèvre inférieure. Ce mot, tu l’avais entendu à mainte reprises sans réellement y porter attention, lorsque tu étais plus jeune. Tu n’avais été qu’une orpheline qui devait se battre pour survivre, rien à voir avec ces gens impressionnants qui étaient décrits dans les contes pour enfant. Tu avais surtout cessé d’y penser, depuis, alors que tu vivais recluse depuis des décennies déjà. Or, alors que ce mot t’était mis au visage, tu n’avais d’autres choix que de l’accepter, chose qui fut plus simple que d’accepter être un monstre buveur de sang.

- Tu sais ce que ça veut dire, Sahale.

Un soupire se fait entendre derrière toi.

- Nous avons été patient, et ce, même si elle a failli mener à notre perte plus d’une fois. Par contre, ça ?
- Qu’est-ce que ça peut bien changer que je sache faire quelques petits tours de passe-passe ?!
- TOUT ! Qu’arrivera-t-il le jour où tu n’arriveras plus à te contrôler ? Cette fois-ci, nous ne seront pas là pour t’aider. Et je ne peux permettre de mettre les membres du clan à risque parce que Sahale a craqué pour tes beaux yeux.

Tu clignes des yeux à quelques reprises, essayant d’assimiler ce qu’elle venait de te dire.

- Tu veux dire que... ?
- Exactement. Lorsque le soleil se lèvera demain matin, tu devras déjà te trouver bien loin de notre clan.
- Dezba, tu ne peux pas être sérieuse ?!
- Je suis tout à fait sérieuse, Sahale. Le clan a assez souffert pour tes caprices.

Partir. Mais partir où ? Où pouvais-tu aller ? Tu ne pouvais pas retourner auprès de la civilisation, tu ne t’en sentais pas capable. Si tu étais désormais en mesure de contrôler ta soif, tu ne saurais dire ta réaction alors que tu sentirais jusqu’au plus profond de ton être tous ces coeurs battre à l’unisson. Cette seule pensée te faisait saliver alors que tu imaginais le festin que tu pourrais avoir. Tu n’avais cependant pas le choix, ils ne t’en laissaient pas le choix. Tu devais partir. Hochant doucement de la tête, tu regagnas sans ajouter un mot de plus l’une des petites maisons qui semblait presque tomber en ruine, celle que tu partageais jusqu’alors avec celui qui t’avait offert une vie après la mort. Si tu en croyais les litanies que tu avais répété, encore et encore, appuyé contre ta fenêtre, sous les fortes recommandations des soeurs du couvent, Sahale aurait bien pu être un dieu alors qu’il t’offrait l’éternité à ses côtés.

Ou, du moins, c’était ce que tu avais cru, jusqu’à ce que tu ne sois plus la bienvenue ici.

- Éléonore !

Tu t’arrêtes à l’entrer de votre cabane, ou peu importe comment s’appelait cette structure à moitié montée qui couvrait votre tête lors des journées ensoleillées.

- Où vas-tu aller ?
- Là où le vent me mènera j’imagine.

Province de Québec, 1778

Loin de toute forme de contact humain, ou plutôt vivant, ou enfin, vampire, vous voyez l’idée, au fil des dernières années, tu avais été réduit au rang d’animal. Si la vie en communauté t’avait permis de garder un certain contrôle sur ta personne, alors que tu avais une certaine facilité à oublier ta faim pour te concentrer sur autre chose, alors que tu n’avais désormais plus que le silence pour te tenir compagnie, ton contrôle en avait pris un certain coup. Seule dans les bois, tu n’avais que ça à faire, tendre l’oreille à la recherche d’une jugulaire qui pulsait au rythme du coeur de son propriétaire. Tu longeais souvent l’orée de la forêt, cherchant à t’approcher des campements. Au cours de ce périple en solitaire, tu en étais venue à découvrir le plaisir du sang d’enfants. Sûrement s’agissait-il de la pureté de ces êtres si faibles et si fragiles qui te faisait perdre la tête et en redemander encore.

Les nouvelles courraient vites. Alors que la province de Québec devenait de plus en plus imposante, s’étant remis de la longue guerre qui avait secoué toutes les colonies, de ton côté, tu profitais de ce qu’ils croyaient être un moment de répit. De nombreux enfants furent déclarés disparus, et ce, un peu partout, au cours des dernières années. Si, au départ, tu t’étais attaquée à plusieurs clans autochtones, il y avait de cela une ou deux décennies, depuis peu, tu avais changé de victime, cherchant un peu de variété, de quoi te divertir pour chasser cette solitude oppressante.

Trente ans à errer seule sur un territoire qui se voulait presque hostile à ta présence avait de quoi briser même le plus fort mental. Et bien malheureusement pour toi, tu étais bien loin d’être la plus forte. Tu avais donc succombé à la faim, cet instinct animal qui existait en toi alors que tes yeux se coloraient de rouge. Tu étais devenue une bête, celle qu’ils avaient gardé attachée pendant si longtemps, de crainte qu’elle ne s’échappe. Et aujourd’hui, elle était de retour, et plus sanguinaire que jamais, alors qu’elle avait connu le délice du jeune sang. Tu ne te souvenais plus combien tu avais tué, enivrée par le goût et le plaisir qui s’emparait de toi.

Ce petit manège dura près de trente ans, alors que tu n’avais que ça à faire, tuer pour passer le temps et te divertir. La vie te semblait bien triste, maintenant que tu étais seule, et il t’avait donc fallu pallier à ce manque cruel de compagnie. Ce fut cependant, au cours d’une froide nuit d’hiver, alors que étais entrée dans une maison en vu d’enlever, encore, un enfant, que tu fus surpris par la mère. Tous te connaissaient sans réellement te connaître. Tu étais le bonhomme sept-heures, mais celui que les parents aussi craignaient. Tu étais ce monstre qui enlevait les enfants pour les amener ils ne s’avaient où. Tu étais celle qui brisait des familles et détruisaient des parents. Tu n’avais jamais eut la chance de connaître un tel bonheur, à savoir celui d’enfanter, alors que l’on t’avait enlevé ton mari trop tôt et qu’à présent, tu étais stérile. Tu volais donc ce droit à d’autres femmes, dans le simple but de rassasier ta soif grandissante. Mais voilà, il y avait eut cette pauvre femme, qui s’était agenouillée devant toi en pleurant. Elle t’avait implorer de prendre sa vie à elle plutôt qu’au poupon qui dormait tranquillement dans son berceau fait de bois.

Telle une horloge coucou mal dressée, ce ne fut que beaucoup trop tard que les coups de minuit se firent entendre, annonçant la fin de ce petit jeu qui n’amusait que toi. Tu fus frappée par le dégoût que tu t’inspirais toi-même, alors que tu salivais à la vu de l’enfant. Tu pris des jambes à ton cou, lâchement, laissant derrière toi mère et enfant encore en vie.

Cela faisait combien de temps que tu t’étais tout simplement laissée dominer par l’animal qui vivait en toi ? Cela faisait combien d’années que tu étais ce prédateur sauvage qui ne répondait que d’instinct ? Alors que les années s’enchaînaient et se ressemblaient, toutes te rapprochant tout comme t’éloignant de l’éternité qui t’était promise, tu avais perdu le compte. Combien d’enfants étaient morts sous tes dents acérés ? Combien de jeunes avais-tu déchiqueté, à la recherche de la dernière goutte de sang ? Beaucoup trop que tu te disais sans en être réellement certaine.

Cette solitude imposée t’avait tout simplement fait perdre la carte et une fois étais-tu sure d’être à l’abri des regards malveillants ou encore du soleil qui se lèverait éventuellement, tu t’écroulas au sol et fondis en larme.

Il t'avait été difficile, de reprendre un certain contrôle sur toi. La soif, le besoin, tout criait en toi, te donnant l'impression de te dévorer toute entière. Et, contrairement à auparavant, cette fois-ci, tu étais seule pour gérer la crise, pour gérer ces pulsions animales que tu sentais battre dans ta tête. Tu t'étais isolée, essayant de te rappeler l'aisance que tu avais eu, vers la fin, lorsque tu étais encore au sein du clan, d'observer un homme, blessé qui plus est, sans flancher. Sans même réagir. Et, au final, tu avais préféré fuir. Fuir tous ces mauvais souvenirs et ces horreurs qui te hanteraient sûrement toujours. Fuir cet endroit où tu n'était pas la bienvenue, mais surtout, où tu étais terriblement seule. Ayant repris un contrôle sur toi-même, faisant taire cette soif qui grondait dans ton ventre, tu étais partie, comme ça.

Comme ce que tu ferais tout au long de ta vie éternelle.

Londres, 1801

Quitter l’Amérique avait été difficile mais, bien heureusement pour toi, pas impossible. Tu avais finalement réussi à obtenir un allé-simple pour l’Europe en revêtissant des vêtements trop grands pour toi et enfouissant ta touffe blonde sous un chapeau qui tombait devant tes yeux. Tu avais réussi à faire croire que tu souhaitais rentrer en Angleterre suite à l’indépendance nouvellement gagnée de la Nouvelle-France et voilà que tu avais réussi à atteindre Londres. Le voyage avait été long et ardu, alors que tu te faisais violence pour ne pas décimer l’équipage tout entier. Il y a une nuit où tu fus incapable de te retenir, vidant de son sang un pauvre passager que tu avais jeté par-dessus bord par la suite. Quant au reste, tu passais tes journées dans la cale, tapis dans un coin, recroquevillée sur toi-même. Personne n’était venu t’embêter et tu ignorais si c’était de part ce que tu dégageais ou simplement parce que tu les effrayais à rester ainsi seule toute la journée, te balançant de droite à gauche.

Par la suite, une fois arrivée en territoire inconnu, tu avais pris le temps de t’installer. Tu t’étais éloignée de la ville, quittant les chemins battus, à la recherche d’un endroit où tu pourrais vivre loin des rayons du soleil tout en restant près de là où la population était importante, pour ainsi pouvoir répondre à tes instincts et éviter de peut-être mourir. Tu ignorais si la faim pouvait réellement te tuer, cependant, tu préférais ne pas essayer. Tu tenais de mauvais souvenir de cette époque où tu devais te priver alors que tu devenais une réelle bête sauvage, ne répondant plus de rien si ce n’était que cette douleur qui te consumait tout entière, te suppliant d’y remédier ou encore de simplement mourir.

Une fois tout cela fini, tu t’étais mise en quête de trouver d’autres gens comme toi. Tu ne parlais pas tant de vampire, ces êtres vivants la nuit et forcés à se nourrir du sang d’autrui pour survivre, mais bien aussi de gens, des sorciers, capable des mêmes prouesses que toi, voir bien plus. Les recherches furent longues et ardues alors qu’ils semblaient bien plus discrets qu’autrefois, cependant, tu avais l’éternité devant toi, alors rien ne pressait. C’est ainsi que tu tombas finalement sur un petit groupe de jeunes hommes qui discutaient tranquillement dans un bar. Ils discutaient à voix basse, comme s’ils cherchaient à ce que personne ne les entende, or, il te fut aisé de comprendre ce dont quoi ils parlaient. Après tout, ta nouvelle vie t’avait offert bien des choses, dont une ouïe plus perçante que celle d’un humain lambda. Ils parlaient de sorts, de potions, et surtout de travail, puis quelque chose concernant le secret qu’ils se devaient protégés, alors que l’un d’eux se plaignait de travailler beaucoup ces derniers temps, que certains sorciers récalcitrants lui donnaient du fil à retorde.

Quelques jours de filature plus tard et tu avais finalement réussi à en intercepter un. Ce ne fut pas réellement bien difficile, alors que tu étais un prédateur entraîné. Préférant ne pas tourner autour du pot, tu allas droit au but, racontant quelques mensonges bien ficelés comme quoi tu ne connaissais pas ton héritage mais il était évident que tu pouvais faire plus qu’un humain lambda, que tu avais été dotée de capacités dites étranges, à tes yeux. Quelques rencontres plus tard, et une preuve de ce que tu avançais, il t’amena avec lui dans ce qu’il te désigna comme étant le Chemin de Traverse. Il s’agissait-là de l’une de tes plus belles découvertes à ce jour. Tu avais longuement discuté avec lui alors qu’il semblait curieux quant à ton passé, ce que tu avais vécu, comme il était rare que les sorciers intègrent le monde magique lorsqu’ils étaient déjà adultes. Pour la majorité d’entre eux, notamment pour ceux vivant en Angleterre et ses alentours, se voyaient invités bien jeune à rejoindre Poudlard, qui te fut décrite comme une école pour jeunes sorciers. Il te fallut alors faire preuve d’imagination, mentionnant que comme tu étais orpheline, tu avais beaucoup bougé et que, fidèle servante de Dieu, tu n’avais pas voulu y croire, n’y voyant-là que des coïncidences, sans plus. Puis, avec le temps, ces coïncidences étaient beaucoup trop nombreuses pour que tu puisses les ignorer et tu avais passé de longs mois à remettre en doute ta propre foi avant de décidé de te lancer dans l’aventure. Il avait semblé satisfait de ton histoire. Quant à toi, tu avais désormais accès à tout ce dont tu avais besoin pour en apprendre plus sur ce que tu étais.

Qu’il s’agisse de ta condition de vampire tout comme de sorcière.
C’est ainsi que tu fis l’acquisition de ta baguette, qui allait te suivre éternellement. Il s’agirait de ton fidèle compagnon, celle sur qui tu pourrais toujours compter. Une baguette de bois de pin, qui laissait donc sous-entendre que tu pouvais offrir bien plus que ce que tu prétendais, avec un coeur de plume d’oiseau-tonnerre. Une baguette qui était donc puissante mais bien difficile à dompter, un peu comme ce sombre secret que tous ignoraient, ce côté de ta personne dangereux et meurtrier.

Londres, 1809

Tu avais finalement quitté les bois autour de la ville pour t’établir dans une petite maison, celle de Charles. Cet homme était celui qui, huit ans plus tôt, t’avait accueilli dans ce monde passionnant qu’était celui des sorciers. Il t’avait offert de venir vivre chez lui alors que la solitude lui pesait et que tu lui avais partagé que tu ne vivais nul part en particulier. Si tu avais été réticente au départ, tu avais finalement accepté. Il t’avait cependant fallu retravailler tes mensonges alors que tu ne pouvais pas spécialement lui expliquer le pourquoi tu ne pouvais sortir à l’extérieur le jour et pourquoi préférais-tu vivre les rideaux fermés. Tu avais été chanceuse, au final. Aussi curieux qu’il semblait être, il te laissait ton espace, ta vie privée, et tu ne pouvais que lui être reconnaissante. Ou, tout du moins, ce fut le cas jusqu’à une belle soirée d’été où il était rentré du travail, il avait un poste au ministère de la magie, alors que tu l’attendais avec un bon repas que tu ne mangerais pas.

- Shannon ?

Tu t’étais retournée vers lui, haussant un sourcil alors que tu entendais ton nom. Ou, enfin, ce nom que tu arborais maintenant que tu te trouvais en Angleterre. Tu l’invitas à s’asseoir, lui apportant son assiette devant lui, pour venir prendre place en face de ce denier.

- Oui Charles ?
- Qui es-tu réellement ?

Il n’était pas stupide non plus, ce Charles. Il avait compris que sous tes airs doux se cachait plus encore. Avait-il finalement remarqué ta peau glacée ou encore la pâleur de celle-ci ? Avait-il réalisé pourquoi tu ne pouvais pas sortir en journée ? Ce fut en cette journée où tu te retrouvas finalement à lui raconter la vérité, toute ton histoire. Depuis les dernières années, huit pour être exacte, tu avais appris à l’apprécier, mais surtout, à lui faire confiance. Et puis, s’il devenait une menace pour toi, il ne te serait pas difficile de mettre fin à ses jours.

Et, au final, suite à toutes ces révélations, tu transformas Charles, lui promettant l’éternité à tes côtés. Le processus fut long et douloureux, et tu l’accompagnas au travers tout celui-ci, lui caressant les cheveux et lui promettant que tout irait bien. Vous aviez quitter le centre-ville pour une petite cabane plus éloignée et tu te chargeais de lui apporter à manger, ou, tout du moins, de toujours l’accompagner lors de ses chasses, préférant éviter qu’il perde le contrôle. Et, depuis ce jour, aussi étrange cela pouvait sembler considérant votre relation, aux yeux du monde, il se présentait comme étant ton père. Il vous était plus aisé de voyager ainsi.

Europe, quelques décennies

Ils ne peuvent jamais rester bien longtemps à la même place, ne serais-ce que parce qu’après une dizaine d’années, les gens en viennent à se poser des questions. Si lui, ayant déjà atteint la quarantaine, n’attire pas trop l’attention, dans ton cas, la situation est différente, alors que tu as tout juste la vingtaine. Les gens se posent des questions alors que tu ne changes pas au fil des années et cela vous amène donc de devoir changer de pays souvent, empruntant de nouvelles identités, toujours un père et sa fille à la conquête du monde.

Du moins, ce fut jusqu’à ce que tu recrutes de nouvelles personnes au sein de cette famille qu’était la tienne. Orpheline, tu n’avais jamais eu le loisir de ce sentiment d’appartenance, cette ambiance familiale, et aussi dysfonctionnelle pouvait-elle être, il s’agissait de ta famille, la première que tu avais. C’est donc ainsi que tu transformas une femme irlandaise qui s’était éprise du bel anglais qu’était Charles, cette dernière adoptant le rôle de ta mère. Elle était douce et agréable et, au final, tu l’appréciais sincèrement. Ce fut deux français qui furent transformer, une femme et un homme, tous les deux dans la vingtaine, qui vinrent prendre le rôle de ton frère et de ta soeur. Tu faisais tout de même judicieusement tes choix, à savoir qu’ils étaient tous d’un blond platine digne de ta longue chevelure. Et puis, hormis Rebecca, qui avait souhaité rejoindre vos rangs de son propre chef, pour les deux jeunes adultes, Agathe et Francis, tu leur avais sauver la vie, que ce soit de la maladie ou d’un violent accident de chantier.

L’éternité pouvait les sauver et ils avaient accepter. Il t’avait été difficile, dans un premier temps, de superviser ces vampires nouveaux-nés, les amenant à devoir passer les années suivantes sans réellement se poser, sans quoi cela pourrait devenir risquer. Tu fis de son mieux, évitant les bains de sang, tout en assurant une certaine cohésion au sain de cette famille.

Ce fut à ce moment-là que tu te décidas cependant d’instaurer des règles qu’ils n’auraient pas le choix de suivre, sans quoi tu t’assurerais de mettre brutalement fin à leur vie éternelle. Il était tout simplement hors de question qu’ils ruinent tout le travail que tu avais fait au cours des dernières années et qu’ils en viennent à causer la perte de cette famille à laquelle tu tenais tant.
Et, entre tout cela, Charles, sorcier depuis son plus jeune âge, s’était attardé, au fil des années, à t’apprendre les bases de la magie, puis les sorts plus compliqués, en passant par l’histoire de cette dernière au travers le monde et les potions. Tu étais douée, et puis, vous aviez l’éternité devant vous. Tu devins donc plus puissante avec les années, possédant un meilleur contrôle de toi-même, réussissant même des sorts dont tu ne te serais jamais cru capable. Ce fut sans surprise que ton patronus apparut comme étant une chauve-souris, quand bien même cela vous arrachait-il un sourire, à Charles et toi.

Angleterre, 1880

Des années qui furent difficile pour toi, alors que tu étais retournée en Angleterre, de nombreuses années après avoir quitter le pays anglais. Ayant sauvée trois jeunes femmes d’une mort certaine, elles avaient rejoint ta famille comme deux de tes cousines et ta tante. Ce fut cette dernière qui vous posa problème et la première que tu fus forcée de tuer de tes propres mains.
Cette tante se montra dangereuse. Cette nouvelle puissance qui coulait dans ses veines lui fit perdre la tête, faisant d’elle une bête à l’appétit insatiable. Cependant, elle ne faisait pas que s’en prendre à ce qui se trouvait sous sa main, oh non. Il n’y avait que le sang des jeunes femmes qui l’intéressait, pour une raison que tu n’as jamais réellement saisi. Elle n’y allait pas de main morte non plus, leur tranchant la gorge et les éventrant. Elle trouvait cela joli qu’elle disait. Ces tableaux sanglants étaient de l’art, son art, qu’elle faisant dans le sang et la souffrance de ses victimes. Les journaux s’emparèrent de l’histoire alors que tout Londres se trouvait en effroie. Plus personne ne se baladait à l’extérieur une fois le soleil tombé et tous étaient plus méfiants que jamais. Le nom de Jack l’Éventreur fut associé aux divers meurtres perpétrés par celle qui portait le doux nom de Betsy, qui semblait s’amuser de cette popularité soudaine.

Furieuse, tu avais cependant essayé d’avoir une discussion sensée avec elle, cherchant même à comprendre ses actions. Force fut de constater qu’elle était tout simplement folle et que tu aurais dut la laisser mourir, quelques années plus tôt, plutôt que de lui offrir une nouvelle vie. Tu lui arrachas donc la tête, sans même éprouver ne serais-ce qu’un once de remord, la laissant rouler contre le sol alors que son corps s’effondrait. Même morte, les meurtres de ce fameux Jack continuèrent, à croire que certains hommes et femmes avaient profiter de cette terreur et de ces crimes qui ne semblaient avoir aucun lien entre eux pour assouvir leur désir de vengeance ou tout simplement de sang.

Dans tous les cas, vous deviez partir, encore. Tu ignorais combien de temps alliez vous être en sécurité ici et, surtout, tu avais besoin de changer d’air. Ces meurtres aussi cruels qu’inutiles te ramenaient à une époque où tu te trouvais toujours sur le sol américain, à assassiner enfants dans le simple but de te délecter de leur sang et faire souffrir leur mère. Tu détestais ces pensées, tout comme tu détestais cette période de ta vie, où tu n’avais été que l’ombre de toi-même, une meurtrière sanguinaire qui ne répondait plus de rien. Cela faisait combien d’années que tu frôlais ce sol que tu connaîtrais presque par coeur ? Beaucoup trop. Beaucoup plus que tous ceux que tu côtoyais. Oh, tu aimais cette éternité qui se dessinait devant toi, cette puissance qui faisait de toi un être terrifiant. Cependant, cette cruauté inutile dont tu avais fait preuve, ces enfants que tu avais laissé pour mort dans la forêt, ne prenant même pas la peine de les enterrer… Tu préférais ne plus y penser, oublier ce monstre que tu avais été. Il ne servait à rien de te torturer inutilement.

Europe, quelques autres décennies

Si tu te fiais aux paroles qu’avaient eue les bonnes soeurs alors que tu n’avais tout juste douze ans, tu étais promise aux enfers. Du moins, ton âme y brûlerait si tu venais qu’à mourir un jour. Or, ce jour n’était pas près d’arriver.

Le vingtième siècle fut plus qu’intéressant. Entre l’avènement des nouvelles technologies et des deux guerres qui secouèrent le monde, tu eus le loisir de te divertir de ces humains dont la vie était si fragile. Sans réellement prendre part à ces conflits, étant bien au-dessus de tout ça, tu y assistas, ne craignant nullement pour ta survie ni celle de cette famille qui était la tienne. Trois autres jeunes gens vint s’ajouter, un mafieux italien qui fut ton oncle, un soldat allemand qui se trouvait désormais à être ton cousin et un prêtre catholique français qui n’était pas aussi bon qu’il osait le prétendre. Et, peu importe ce qu’ils pouvaient dire, c’était bien des liens de sang qui vous unissaient, ou, plutôt ton sang, que tu avais partagé avec chacun d’entre eux pour faire d’eux les êtres puissants et quasi immortels qu’ils étaient aujourd’hui.

Les années qui suivirent furent donc animées de banquets sanglants, de fêtes jusqu’aux petites heures du matin et de débauches à faire rougir même les plus expérimentés. La vampire, chef de sa famille, y voyait-là un moyen de se divertir, mais, surtout, de profiter de l’éternité qui leur était offerte. Entre luxure et excès, les orgies étaient presque quotidiennes, de quoi finir une fête grandiose alors qu’elle eut le loisir de passer des soirées dites nobles à ces soirées mondaines qui se voulaient plus d’actualité. Elle changea la recette au fil des années, alors que les tendances, les croyances et la façon de pensées évoluaient, se permettant cependant de toujours inviter de nombreuses personnes lors de ces soirées mémorables. L’alcool coulait à profusion, les tabous étaient laisser à la porte et tous pouvaient vivre comme ils l’entendaient, le temps d’une soirée. Ou de plusieurs, tu n’étais pas difficile.

Tu avais voyagé, mais surtout, aux côtés de tous ces gens que tu avais appris à apprécier, à respecter et à sincèrement considérer comme ta famille, tu avais profité de ce pouvoir qui était tien, de cette éternité qui était la vôtre. Tu t’étais aussi améliorée, devenant une sorcière tenace aux capacités grandissantes. Après deux siècles d’entraînement, tu avais eut le temps et la chance d’assimiler les bases et gagner en puissance.

Suisse, 2010

- Tu fais chier.

Ton regard de la blonde se leva du livre qu’elle lisait tranquillement pour tomber sur Francis, ton frère, en quelque sorte, qui était assis devant toi et semblait mécontent. Encore la veille, tu l’avais disputé face à son incapacité à entretenir des relations avec les humains. Cela faisait un bail qu’il était avec vous et, encore aujourd’hui, le contrôle n’était pas la force de ce jeune homme qui ne cessait de perdre les pédales aux côtés d’un coeur pulsant.

- Quoi encore ?
- Tu fais ta fière, comme ça, avec tes belles paroles et tes beaux discours. Tu dis que tu t’assimiles bien aux humains, que tu cohabites sans soucis avec eux alors qu’au final, sauf ces grandes soirées, je n’en ai jamais vu par ici.

Ce fut sur cette dispute qui s’était répétée à plusieurs reprises que tu pris la décision que tu allais lui montrer qu’un vampire pouvait vivre en société, et ce, sans difficulté. C’est ainsi que tu te retrouves, à la rentrée de l’année 2011, à Poudlard, cette école dont Charles t’avait vanté les mérites. Arrivée en sixième année, soit en milieu du parcours scolaire, tu avais eu une rencontre avec le directeur, lui expliquant que ta situation familiale s’était voulu difficile et que tu n’avais pas eut le loisir de t’intégrer au monde magique jusqu’à maintenant. L’histoire était bien ficelée alors que tu étais une habituée des mensonges et des fausses identités. Ayant choisi le nom de Penny Weiss, tu étais une anglais aux parents catholiques qui ne t’avaient pas laisser explorer cette facette de toi, et ce, jusqu’à ce que tu réussisses à t’émanciper d’eux, soit l’année de tes seize ans. Tu t’assuras aussi de lui fournir de nombreux documents médicaux qui signifiaient que tu ne pouvais te trouver sous le soleil, et que si tel était le cas, tu ne pouvais le supporter sur une longue durée. Une maladie qui ne frappait qu’une personne sur des milliers qui rendait ta peau tout particulièrement sensible à cet astre, allant jusqu’à créer des cloques sur cette dernière.
Une fois que tout ça fut en ordre, tu étais fin prête pour cette nouvelle aventure.

Angleterre, 2015

Les vacances, cet agréable moment où tu rentrais chez toi et où tu pouvais finalement profiter du sang des humains. Tu n’aurais jamais cru que ce dernier te manquerait à ce point. Or, l’évidence était là. Toi qui passait ton année scolaire à te contenter de sang animal, tu ne pouvais qu’apprécier cette force renouvelée qui te provenait du sang humain. Tu étais toutefois fière, d’avoir réussi à t’intégrer sans difficulté. S’il y avait eut une ou deux échappés, tu savais ton secret bien gardé, alors que nul ne le savait, ou presque. Et, le mieux dans tout cela, personne ne le suspectait. Tu étais une pauvre fille malade, au teint affreusement pâle et à la peau terriblement trop sensible, dont les parents avaient presque séquestrés chez eux alors qu’elle était désigné comme étant un monstre. Pauvre petite fille étais-tu…

Les années s’étaient suivies sans toutes se ressembler. Tu avais connu l’envahissement de l’école par ces Supérieurs tout comme tu avais subi leur mauvais traitement, étant considérée comme née-moldue. Le pire dans tout cela était que tes blessures avaient eut de la difficulté à guérir, alors que tu étais privé de sang humain à l’époque, ne pouvant te contenter de ce que tu trouvais à l’orée de la forêt interdite. Ces années-là furent longues et difficiles et tu ne pus que te considérer chanceuse lorsque tout se termina finalement.

Ta vie étudiante avait repris son cours alors que tu t’efforçais de ne pas te montrer aussi puissante que tu ne l’étais réellement avec une baguette. Après tout, à ce jour, tu n’avais que vingt ans, cachant très bien les quatre siècles que tu avais traversé sans jamais prendre une seule ride.
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Hiroyuki Daisuke
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MessageSujet: Re: Penny Weiss   Jeu 1 Fév - 17:24

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